«Il faut redorer l’image de l’apprentissage»

«Il faut redorer l’image de l’apprentissage»
Enseignement et formation – Le préfet était hier matin en visite à l’école des métiers

Le préfet Pierre Besnard a visité les ateliers du CFA de Tarn-et-Garonne accompagné par une délégation d’élus, Roland Delzers, président du CFA et son directeur Patrick Pajot./ Photo DDM, Chantal Longo

Nommé préfet de Tarn-et-Garonne en début d’année, Pierre Besnard avait à cœur de rendre très rapidement visite au centre de formation des apprentis (CFA). Car selon lui, les formations en alternance dans l’artisanat sont une clé pour les jeunes en recherche d’emploi et de projets professionnels. «L’école des métiers est une chance dans un département rural pour conserver de l’emploi sur place, estime le préfet. En enchaînant des périodes d’apprentissage à l’école et des semaines chez un patron, les jeunes ont toutes les chances à l’issue de leur formation de rester travailler ici. C’est donc un bon moyen de maintenir des jeunes sur un territoire vieillissant.»
Le hic pour l’artisanat, et l’apprentissage en particulier, c’est une image peu reluisante entretenue par la pensée collective. «Tous les jeunes ne sont pas faits pour suivre des études universitaires et longues, estime Pierre Besnard. Les parents prônent souvent l’excellence du Bac S face aux filières courtes et manuelles. Mais les cursus scientifiques ne sont pas pour tout le monde. Il faut redorer l’image de l’apprentissage.»
«À la sortie, c’est un boulot payé au-dessus du Smic…»
L’artisanat victime d’une mauvaise image ? Mais pas que, selon le directeur du CFA : «Certes, les mentalités doivent évoluer. Pendant trop longtemps l’apprentissage a été mis de côté par l’Éducation nationale au point que les jeunes ne soient même pas informés des possibilités de formations, avance Patrick Pajot. Alors que le pays fait face à un taux de chômage qui peine à s’infléchir, que l’échec scolaire est un problème important chez nos jeunes, l’artisanat et son apprentissage en alternance sont des pistes non négligeables. L’enjeu porte aussi sur la communication. Il nous appartient de mieux nous faire connaître et séduire des jeunes en quête d’une nouvelle orientation professionnelle. J’espère que l’idée d’être formé à un métier en l’espace deux ans qui ouvre ensuite sur un emploi payé au-dessus du Smic, séduira plus de jeunes.» Un défi de taille pour l’école des métiers qui voit ses effectifs chuter continuellement depuis 2009 où le CFA accueillait 1 100 stagiaires. Cette année, ils ne sont plus que 675 à suivre une des 28 formations proposées (CAP, mention complémentaire, brevet professionnel ou Bac professionnel). Pourtant, les chiffres sont encourageants : 6 mois après l’obtention du diplôme, 33 % des apprentis sont en emploi (44 % en CDI) et 42 % ont continué leurs études.
Même si le secteur du bâtiment est en crise, les 17 métiers qui s’y rapportent rassemblent plus de la moitié des stagiaires. Une embellie est perceptible depuis quelques mois sur les métiers liés au commerce et à l’alimentaire.
L’école des métiers de Tarn-et-Garonne organise des portes ouvertes le 28 mai. Renseignements : www.ecoledesmetiers82.fr
ARTICLE LA DEPECHE Philippe Cahue